Pour la sixième fois, je rentre du Maroc et de Marrakech plus précisément.
J'adore ce pays, sa culture, sa gastronomie, sa chaleur, sa proximité...tout quoi!
Nous y sommes allés Mr Applemini et moi à diverses époques de l'année : décembre pour notre nouvel an, juillet au moment du ramadan, mars pour fuir notre pluvieux printemps et cette fois ci, le hasard a fait que nous sommes arrivés au moment du nouvel an islamique. (Achoura).
Achoura, dérivé de “achara”, qui signifie
dix, correspond au dixième jour du mois de Muharram, premier mois de
l’année musulmane
Une période festive durant laquelle les enfants marocains font la fête, dans la rue, souvent par petits groupes en frappant sur les derboukas, bendirs" et taârijas (différents tambours qui leur ont étés offerts) en chantant et en utilisant à qui mieux mieux des pétards, mais aussi en aspergeant les passants d'eau, c'est "Zem-Zem", nom du puits de la Mecque, eau purificatrice.
Pour l'occasion, les enfants sont rois, c'est un peu leur Noël.
On leur achète des cadeaux, souvent des jouets,et, les fameux tambours confectionnés en peau de chèvre; et à cette période nombre d'étalages ont changé leur marchandise et proposent poupées, jeux en plastique, et tout une gamme de pistolets à eau.
Le plat traditionnellement servi le soir est le couscous avec la viande séchée (gueddid), celle précieusement gardée depuis l'Aïd.
Il est suivit d'un assortiment de fruits secs et de petits biscuits, les Krichlats Achoura. Ils sont souvent confectionnés par la mère de famille et c'est le boulanger du quartier qui les cuit dans son four à bois.
On en trouve aussi en vente dans les épiceries, c'est ainsi que j'en ai ramené.
Mais Achoura, comme beaucoup de fêtes musulmanes, c'est signe de partage . En cette occasion, les musulmans font le "zakat", c'est une aumône qui représente le dixième de l'argent qu'ils possèdent depuis un an.
Entre tradition, fête populaire et fête religieuse, Achoura est l'occasion de se réunir, de partager, de festoyer et de s'amuser, comme un grand nombre de fêtes religieuses partout dans le monde.
Pour plus d'informations, je vous conseille
cet article, un autre moyen d'en apprendre plus sur Achoura et sur ses traditions.
Ayant dévoré les fameux biscuits que j'avais ramenés et voulant les faire découvrir à mon entourage, j'ai cherché sur le Net la recette.
Comme d'habitude, il n'y a pas qu'une façon de les faire, alors comme d'habitude, j'ai adapté et j'ai surtout tout pesé; le résultat m'a bien emballée, mais un petit défaut cependant, ils sont un peu durs.
La cuisson trop longue ou un four trop chaud en sont surement la cause; à améliorer, donc.
Si parmi les lectrices de cet articles ou les lecteurs certains peuvent m'aider à affiner ma recette, qu'ils n'hésitent pas à me laisser leurs conseils dans le formulaire des commentaires.
Remplir son Chaudron :
30 ml d'huile neutre (tournesol pour moi) - 1 oeuf - 30 ml de fleur d'oranger - 1.5 g d'anis en poudre - 100 g de sucre en poudre - 1, 5 g de sel - 1 g de levure alsacienne - farine (quantité suffisante).
La Formule Magique :
Préchauffer le four à 170°.
Mélanger intimement les liquides et l'oeuf.
Ajouter ensuite l'anis, le sucre, le sel et la levure.
Lorsque l'appareil est bien homogène, ajouter au fur et à mesure la farine.
On doit obtenir une pâte malléable mais pas trop sèche.
La laisser reposer dix minutes.
Prélever une boule de pâte, en faire un boudin long et fin et le découper en biseaux par petits tronçons.
Déposer chaque pièce sur une plaque allant au four couverte de papier sulfurisé.
Procéder ainsi jusqu'à ce qu'il n'y ait plus de pâte.
Enfourner entre 15 et 20 minutes.
Les krichlats Achoura doivent être un peu dorés.
Secrets de Sorcière :
Suivant les recettes on peut y ajouter des graines de fenouil, de sésame.
L’œuf est facultatif, la première fois que j'ai fait les biscuits je n'en n'ai pas mis, mais ils étaient vraiment trop secs.
D'autres recettes préconisent aussi du beurre, je pense que je testerai la prochaine fois.
Le temps de cuisson et à titre indicatif, comme d'habitude, à surveiller, suivant les fours.
Un grand merci à Fifi Larue, qui se reconnaitra si elle passe ici, c'est grâce à elle que j'ai trouvé le véritable nom de ces biscuits.
Ils sont parfois appelés "fekkas" mais ce terme désigne plus généralement tous les biscuits si j'ai bien compris.
Un grand merci à nos hôtes du riad qui nous ont expliqué cette tradition, au carossa adorable qui m'en a dit encore plus et au boulanger de la rue El Arsa à Marrakech qui m'a gentiment laissé prendre des photos et a répondu à mes questions et m'a offert de délicieux pains tout chauds.